
Hi-Fi, Audio, Audiophile, Le labyrinthe du marché.

Chaque tube, chaque transistor,chaque type de montage possède sa caractéristique sonore propre et constitue un élément de la palette avec laquelle se compose une électronique, qu’elle soit à tubes ou à semi-conducteurs. On peut une fois de plus faire un parallèle avec le vin : c’est un assemblage.
Une petite parenthèse concernant des termes qui peuvent être flous pour les néophytes: Les électroniques audio sont constituées d’une succession d’étages amplificateurs (de tension, de courant ), l’élément actif de base est le « tube à vide » encore appelé « lampe » ou le « transistor » appartenant à ce que les anglophones appellent le « solid state » état solide car tout ne se passe plus ici dans le vide mais dans des cristaux de silicium modifiés dont le signal peut faire varier la conductibilité « d’où le terme de semi-conducteurs », que l’on utilise aussi de façon générale pour designer les transistors diodes et autres composants de nos électroniques actuelles.
Les mesures traditionnelles (bande passante , distorsion , signal/bruit etc ), présument du bon fonctionnement électrique. On parle ici de critères objectifs .Pour la musicalité c’est une autre affaire. Il est évident que l’on ne maîtrise pas pour le moment tous les facteurs qui sont pris en compte par l’oreille et le cerveau et qui déterminent les différences de perception auditive et de ressenti. Pire, il n’est pas exceptionnel lors d’une écoute comparative que l’élément préféré par la majorité ne soit pas celui qui affiche les meilleures mesures. On est là dans le domaine du subjectif.
Cette insuffisance des mesures objectives est une manne pour bon nombre de fumisteries hors de prix comme le son des câbles, des cordons secteur, conditionneurs et polariseurs d’air ou autres pieds coniques pour enceintes vendus plusieurs milliers d’euros. Loin de moi l’envie de me lancer dans une polémique car ce sujet est très clivant. Je respecte les heureux possesseurs de tels dispositifs et leur souhaite d’en tirer tous les bénéfices attendus, permettez moi cependant de douter fortement qu’ils soient du domaine de la perception auditive.
A moins que le matériel ne soit indéniablement mauvais, nous en sommes donc réduits à une évaluation subjective personnelle qui peut être différente d’une personne à l’autre et même différente pour la même personne selon le moment de l’écoute ou l’humeur du moment. Alors, compte tenu des prix vertigineux comment choisir sans le regretter amèrement ensuite?
La presse spécialisée ? Elle vous noie dans des termes abscons et des précisions techniques dont la majorité d’entre nous n’a rien à faire. Elle relate en général un compte rendu d’écoute de disques que vous ne connaissez pas. Et je passe très vite sur le fait qu’elle doit souvent être« bien arrosée » par les marques qu’elle présente. Personnellement, fort de mes déconvenues passées, je ne lui fais confiance que pour les photos, les descriptions, les prix et la liste des revendeurs.
Pour le reste un seul chemin : L’ECOUTE, votre écoute et votre jugement personnel en fonction de ce que vous ressentez et non ce que l’on vous dit que vous devez ressentir en vous faisant écouter un morceau spectaculaire outrageusement embelli par des réglages séduisants. Écoutez des enregistrements que vous connaissez dans le style de musique que vous aimez et si les mots ne vous viennent pas, écoutez votre corps : un frisson, une sensation de bien être, de satisfaction qui vous indiquera infailliblement que c’est ce qui vous convient. Après, bien trop souvent hélas, le « principe de plaisir et de réalité » vous fera redescendre sur terre mais heureusement pas toujours.